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Golden Globe

Golden Globe 1968
Captain Browne
Ex « HIERRO », construit en acier sur plans de Louis Van de Wiele en 1965, ce cotre, rebaptisé "Captain Browne" par Loïck Fougeron prend le départ de la course du Golden Globe le 22 août 1968. Fougeron, quarante-deux ans, vend des cyclomoteurs à Casablanca. Grand ami de Moitessier, il pilote lui aussi un bateau solide quoique le bout-dehors qui prolonge l’étrave semble trop fragile. De fait, parvenu le 31 octobre au nord de l’île Tristan da Cunha, dans l’Atlantique Sud, l’ouragan qui a roulé Bill King sur "Galway Blazer II", atteint Fougeron, couche le bateau sur le flanc et détruit le gréément avant. Fougeron abandonne et rejoint Saint Hélène le 27 novembre 1968

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Partenaire de Ridgway lors de leur transatlantique à la rame, Chay Blyth s’engage pour la course Golden Globe Challenge sur "Dytiscus III", sister- ship de "l’English Rose IV" menée par Ridgway. Hors cette transatlantique à la rame, Chay Blyth n’avait aucune expérience de la mer.Avec un gros moral et une bonne dose d’inconscience, il prend le départ le 8 juin 1968…et abandonne parvenu au large de l’Afrique du Sud le 15 septembre.Consolation cependant, un bateau inadapté avait fait de lui un vrai marin.

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En 1968, John Ridgway, 29 ans, capitaine dans l’armée britannique, n’avait peur de rien, ou presque ! En 1966 n’avait-il pas traversé l’Atlantique à la rame en compagnie de Chay Blyth à bord d’un canot de 20 pieds non ponté ! "English Rose IV", sloop biquilles de 30 pieds construit en polyester, était donc bien suffisant pour faire le tour du monde sans escale et sans assistance : le Golden Globe à portée de main ! Erreur, grave erreur : la plaisance est une chose et le bateau était construit pour ça, la course en est une autre. Au large de Recife, dans l’Atlantique Sud, le petit voilier n’en peut plus, il est à bout de souffle, le pont suit le mouvement des vagues et ondule à tout va.Sagement Ridgway abandonne le 21 juillet et rallie Récife sain et sauf après 7 semaines passées en mer.

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Bill King, un des rares « pachas » de sous-marin encore en vie après la guerre de 39/45, fait dessiner et construire chez Illingworth et Primrose un ketch qu’il engage en 1968 dans l’épreuve du Golden Globe. Angus Primrose va imaginer une coque très spéciale, toute en arrondis, gréée en jonque… Cette conception sauvera la vie du skipper. En effet, le 31 octobre 1968, au large de l’île Tristan da Cunha, un terrible ouragan, avec des vents soufflant à 220 km/h, roule "Galway-Blazer II" qui après un tour complet sur lui-même, se redresse, démâté. Bill King est vivant mais hors course, et sous gréement de fortune, rallie le Cap le 22 novembre 1968.

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Joshua
Engagé en 1968 dans le Golden Globe Challenge, Bernard Moitessier, 45 ans, s’il n’est pas professionnel, n’est pas non plus un amateur, loin de là ! Sur son voilier "Joshua", solide ketch en acier, n’a-t-il pas déjà réalisé, en compagnie de sa femme, la traversée sans escale Tahiti / Alicante, via le Cap Horn. Il faut se rendre à l’évidence, Moitessier possède le don de la navigation. La solitude ne lui pèse aucunement, bien au contraire ; son bonheur, il l’avoue lui-même, est d’être seul en mer. C’est un réaliste à l’esprit pratique qui pousse la logique exigée par la vie en mer aussi loin que possible, et c’est une réussite ; pas d’avarie, hormis un bout dehors plié et astucieusement redressé. Le 22 août 1968, Moitessier quitte Plymouth. Atlantique, Bonne Espérance, Océan Indien, Cap Horn…il a course gagnée, mais là n’est pas son problème : il est heureux sur son bateau et veut revenir à Tahiti. Le 18 mars 1969, "Joshua" entre dans la baie du Cap avant de retrouver la Polynésie… Une équipée de 70 000 km, qui dit mieux ? Joshua a survécu à son skipper. Aujourd’hui basé à La Rochelle, et toujours à flot, le bateau est classé monument historique, le moins que l’on puisse dire est que c’est amplement mérité.

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Suhaili
En 1968, Robin Knox-Johnston, capitaine de la marine marchande britannique, décide de prendre part au Golden Globe Challenge sur un bateau de 53 pieds en acier. Faute d’argent, il renonce et se rabat sur un ketch en bois de teck construit en Inde vingt ans auparavant. Parti de Falmouth le 14 juin 1968, "Suhaili" et son skipper seront de retour le 22 avril 1969 et remporteront la course. Dix mois de mer, 30 000 milles marins soit plus de 55 000 km. Robin Knox-Johnston méritait bien d’être anobli pour cet exploit. Quant au bateau, remis à neuf et exposé comme pièce de musée, il est aujourd’hui à flot et participe aux réunions de voiles anciennes.

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Teignmouth Electron
Pour un professionnel, s’engager dans une course au large, c’est bien souvent « être à la limite » ; en 1968, la course du Golden Globe, tour du monde sans escale et sans assistance, n’échappait pas à la règle, mais cette limite, frontière entre peur et panique, rêve et folie, vie et mort, l’amateur Donald Crowhurst, sur son trimaran, l’avait franchie dès son départ le 31 octobre 1968. L’architecte Arthur Piver avait conçu un bateau gréé en ketch, très lourd, très large et peu toilé, certes très stable mais trop lent et défaut majeur pour cette course, trop fragile car construit en contreplaqué. Parvenu dans l’Atlantique Sud au large de l’Argentine alors qu’il envoyait déjà des fausses positions, Crowhurst constate une voie d’eau : il faut réparer, faire escale…et être disqualifié. C’est le début de la tragédie ; dans ce petit port, personne ne le connait, personne n’a entendu parler de la course… Son bateau réparé, Crowhurst reprend la mer, mais terrorisé, n’ose pas descendre plus au Sud pour doubler Bonne Espérance. Il tourne en rond dans l’Atlantique, envoie encore et encore d’imaginaires positions le plaçant en tête de la course. C’est à présent un illuminé cloîtré dans son bateau : ses écrits en témoignent, la mort est la seule issue. Son journal de bord s’arrête le 1er juillet1969. Dix jours plus tard, un cargo va croiser la route du petit trimaran : coups de sirène, signaux lumineux, aucune réponse. Les marins envoyés à bord ne trouvent personne. Un grand désordre règne dans la cabine et les journaux de bord dont celui imaginaire de l’infortuné Crowhurst, révèlent toute la détresse de cet homme. Ce sont des pages terribles à lire, écrites par un être au bout de son rouleau qui, pour sauver son âme et son honneur d’homme, finira par se jeter à la mer.

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En 1968, Nigel Tetley est capitaine de corvette dans la Royal Navy, et vit en famille à bord de son trimaran. Le bateau est, superstructures mises à part, identique à celui de Donald Crowhurst.Engagé dans la course du Golden Globe Challenge, Nigel Tetley prend le départ le 16 septembre 1968. Le bateau n’est pas, et pour cause, meilleur que celui de Crowhurst, mais Tetley est un bon marin. Le Horn est péniblement doublé le 18 mars 1969 car le bateau a déjà beaucoup souffert, la tempête essuyée deux semaines auparavant avait laissé des traces. La remontée de l’Atlantique est un véritable calvaire, Tetley franchit cependant l’Equateur. Victress n’en peut plus. Il n’ira pas plus loin. Il se désagrège et sombre. La course est perdue mais Tetley, réfugié dans son canot de survie, est récupéré sain et sauf. Malgré cet échec, Nigel Tetley n’avait pas perdu la foi dans les multicoques, la tête pleine de projets, il cherchait des sponsors pour construire une nouvelle unité. Déçu de n’en avoir pas trouvé, il se suicide le 5 février 1972.

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